L’innovation digitale : rencontre avec Aurelio Ravarini

Nous avons eu la chance de rencontrer Monsieur Aurelio Ravarini sur deux jours.

Aurelio Ravarini

Aurelio Ravarini est professeur à l’université de LIUC en Italie mais aussi directeur du département de recherche CETIC (Centre de recherche sur les systèmes d’information). Ce centre de recherche aide les entreprises à changer leur système d’information grâce aux réseaux sociaux d’entreprise et aux SAP (Systems, Applications and Products for data processing). CETIC travaille aussi sur des projets de recherches pures comme le DiDIY (Digital innovation Do It Yourself).

Ainsi, pendant ces deux jours nous avons pu échanger avec lui sur l’innovation digitale via plusieurs thèmes tels que qu’est-ce que l’innovation digitale ? Comment change-t-elle la structure d’une entreprise ? Et son projet sur le DiDIY.

Le cours a été très intéressant et axé sur la transformation digitale, l’innovation digitale se traduit par l’entreprise digitale, mais aussi sur le DiDIY ou bricolage numérique qui est selon Aurelio Ravarini la meilleure traduction du concept. Le DiDIY est possible grâce à l’innovation technologique et l’absence d’un expert : le but est de construire par soi-même juste avec un design. Le Do It Yourself est autant une mentalité qu’une activité.

A la suite de ce cours, Aurelio Ravarini a accepté de donner une interview, nous avons pu alors approfondir certains points.

Avec le développement du DIY comment changera les relations (le pouvoir) entre acheteurs et vendeurs ?

« Quand l’e-commerce s’est développé beaucoup de chercheurs ont annoncé la disparition des vendeurs au détail. Mais 15 ans après ce n’est toujours pas le cas, l’e-commerce est devenu un nouveau canal. Avec le DIY la situation est similaire, situation de rupture, l’IOT (Internet Of Things) et le DIY sont en haut de la courbe des tendances. La rupture sera plus impactante dans les relations BtoC que BtoB.

Prenons l’exemple des imprimantes 3D : si c’est le fabricant qui a le design et le consommateur une imprimante 3D, le revendeur n’est plus nécessaire, il pourrait encore servir d’intermédiaire à la rigueur. »

Comme vous nous l’avez dit, l’Internet des Objets sera et est déjà création d’une grosse quantité de données. Aujourd’hui nos données sont d’importantes valeurs pour les entreprises. Dans le futur la moindre petite chose que l’on fait sera collectée et utiliser par les marques. Dans ce cas aurons-nous toujours un libre arbitre ?

« C’est un sujet beaucoup utilisé en Science-Fiction, la perte du libre arbitre des hommes face à la technologie. Je lis beaucoup sur le sujet et l’innovation digitale doit être un phénomène centré sur l’humain. La question est : faisons-nous les choses et utilisons-nous la technologie parce que nous voulons ou parce que nous pouvons ?

IT était réservé aux experts avant, aujourd’hui il y a au moins un ordinateur par foyer. Nous avons vécu pendant des années sans toute cette technologie, aujourd’hui ce n’est plus possible, à la pause (du cours) j’ai regardé mes mails, je suis passé sur mes réseaux sociaux. Avant il existait une vrai distinction, les personnes utilisaient la technologie parce qu’elles en avaient envie. Maintenant la technologie est devenue une extension de notre corps : une prothèse.

Ce qu’il faut comprendre c’est que ces outils ont besoins de nous, Google a besoin qu’on utilise ses produit pour collecter nos données. Le risque c’est qu’alors nous devenions les prothèses à notre tour. La peur viendra quand nous prendrons conscience des conséquences, pour le moment on croit que nous avons le contrôle, mais jusqu’à quel point ? »

En 1989, Retour Vers le Futur 2 sortait. Aujourd’hui, mercredi 21 octobre 2015, est la date où se passait l’action du film, soit 30 ans dans le futur pour l’époque. Comment imaginez-vous notre futur dans 30ans ?

« C’est une question à laquelle je n’aime pas répondre car nous ne pouvons pas savoir. A chaque fois que les chercheurs ont prédit le futur, les résultats n’étaient pas concluants.

Mais quand j’imagine le futur tout dépend de l’humeur dans laquelle je suis. Lorsque je suis défaitiste, je me dis que si nous ne faisons rien les choses vont s’empirer et nous deviendrons des esclaves de la technologie. Les politiciens n’arriveront pas à empêcher quelques compagnies de détenir toutes les informations. Et l’homme se sera réveillé trop tard.

Lorsque je suis de bonne humeur, j’imagine un futur où les hommes ont appris à comprendre la technologie au-delà de leur utilité. Et ainsi que les outils sont juste ça, des outils. Je vois bien aussi une nouvelle révolution industrielle.

Enfin il existe un troisième scénario, celui du film Wall-E. Nous devenons gros et fainéants, nous ne faisons plus rien et laissons la technologie tout faire. »

Source de l’image : http://www.varesenews.it/2009/12/dalla-liuc-in-virginia-per-parlare-di-innovazione/161444/

Rédaction par Marion Bamps / Mise en page par Hélène Souvandy.