Comprendre la blockchain, le bitcoin et l’ethereum

Bitcoin, monnaie virtuellePour comprendre la blockchain, il faut comprendre le bitcoin

 

La blockchain est la technologie sous-jacente du bitcoin, monnaie virtuelle utilisée pour le transfert d’argent en peer-to-peer (P2P). La blockchain se confond donc très souvent avec le bitcoin.

Toutefois depuis 2016, il existe plusieurs blockchains car cette technologie fait l’objet d’autres applications, elle n’est plus seulement utilisée pour le transfert monétaire.

Toutefois, il faut être réaliste, malgré ce mouvement de diversification, la technologie de blockchain se base principalement sur le bitcoin.

La blockchain est un grand registre décentralisé des transactions. Depuis sa création en 2008, cet univers représente 7 milliards de dollars et il n’a pas été hacké jusqu’à aujourd’hui.

De nos jours, lorsque l’on doit payer une personne, on a besoin de l’intermédiation bancaire pour faire cet échange monétaire. On est dans un système fermé où les banques ponctionnent des frais (environ 3%) en contrepartie du service rendu.

Avec le bitcoin, on est dans un système ouvert car il n’y a plus d’intermédiaires. Si on doit payer une personne il suffit de déterminer le montant et de cliquer sur un bouton : la transaction est regroupée dans un bloc. Ce bloc doit être validé par les nœuds du réseau, il est daté et s’ajoute aux autres blocs. En moyenne, toutes les dix minutes, un nouveau bloc s’ajoute à la chaîne.

Des mineurs sont chargés d’analyser et de valider les transactions, en contrepartie de quoi ils reçoivent des bitcoins « gratuits ». En effet, lorsqu’un mineur valide un bloc, le système génère 25 bitcoins et les lui attribue. Cette rémunération sera divisée de moitié le 11 juillet 2016 : les mineurs gagneront deux fois moins (12,5 bitcoins), en théorie c’est la volumétrie des transactions qui va prendre le relai.

De ce fait, il y a peu de frais de transactions. Les mineurs vérifient notamment le fait que l’envoyeur de fonds possède bien les bitcoins et que le receveur de fonds les a bien in fine sur son portefeuille (wallet). Les mineurs sont collectivement responsables de la validité des transactions. Cette validation par bloc est une garantie qu’il n’y aura pas de fraude dans le système. Si on détecte une fausse transaction, elle sera rejetée par le système. Il y a donc une certaine sécurité apportée par le système. La blockchain pourrait être la prochaine révolution car elle permet de se passer des intermédiaires du quotidien. Les données seraient en sécurité dans un réseau public.

Pour obtenir des bitcoins, on peut en acheter sur la plateforme Kraken contre des euros, ou encore se faire payer en bitcoins.

Dans le monde des bitcoins, des règles automatiques peuvent être définies, on parle de « smart contracts » selon lesquels des paiements sont déclenchés si un évènement spécifique survient. Cet évènement est rapporté par une source, on parle d’un oracle. Le sérieux de la source et la vérification de l’information sont donc des éléments à considérer pour déterminer des « smart contracts ».

Autres applications de la blockchain :

 

La blockchain ethereum est une autre application de la technologie du bitcoin dans la gestion de workflow, par exemple pour automatiser la comptabilité. Dans cet univers, on utilise de l’Ether et non pas des bitcoins.

La blockchain peut également permettre la gestion de l’identité par exemple on peut obtenir une carte de E-résident en Estonie, l’objectif du gouvernement est d’attirer les investisseurs étrangers car avec ce document, on a la possibilité de créer une entreprise en Estonie. Ce pays est très développé dans le digital puisqu’il propose par exemple une carte d’identité électronique qui permet de créer une entreprise en 15 minutes ou encore voter depuis son ordinateur.

L’ONG Africaine BitLand donne la possibilité de gérer les titres de propriétés au Ghana en s’appuyant sur la blockchain.

En Chine, un fournisseur de climatiseur propose une assurance temps chaud, si la température monte au-dessus de 35 degrés, les clients perçoivent 1 yuan.

Utocat, startup de la blockchainQui est Utocat ?

 

Au départ, cette entreprise s’est focalisée sur les moyens de paiement en permettant aux commerçants de se faire payer en bitcoin, il y avait une conversion automatique en euros pour le commerçant grâce à l’application Utocat.

Puis, ils ont décidé de faire évoluer leur plateforme pour la proposer aux grands groupes bancaires (Blockchainiz) et aux assurances.

Une transaction sur un fonds d’investissement entraine certes une gestion financière mais également une gestion des parties. Cette gestion est onéreuse car elle passe par plusieurs acteurs. Si on utilise la blockchain, on a un point de référence unique qui permet de suivre la transaction en temps réel, ce qui simplifierait la gestion d’une telle opération.

Utocat a deux activités principales : d’une part une activité notariale (on prend une information et on certifie qu’elle a existé dans le passé), d’autre part les smart contracts où on certifie un processus (comment on passe de l’étape A à l’étape B).

De cela, on a donc deux types de données : d’une part des données privées, comme les informations personnelles de nos clients, qui restent dans les bases de données internes ; et d’autre part des données publiques, que l’on peut partager à grand échelle. Par exemple lorsqu’on signe un contrat, on n’est pas obligé de divulguer le contenu de celui-ci.

Un des premiers clients bancaires d’Utocat était la Banque Accord en 2014, puis ont suivi BNP Paribas et AXA.

Il y a beaucoup à gagner dans les systèmes à basse fréquence (virement SEPA qui se fait aujourd’hui en 1 jour), mais ce n’est pas vraiment le cas dans les systèmes à haute fréquence.

Quelle différence entre bitcoin & ethereum ?

Ethereum blockchainIls ont des philosophies différentes. Le bitcoin repose sur la preuve de travail (proof of work). On parle plus particulièrement du Hashcash qui désigne le traitement cryptographique, c’est-à-dire le fait de créer des preuves mathématiques dans le but d’offrir un fort niveau de sécurité. En moyenne, un ordinateur ordinaire peut effectuer cette tâche en une dizaine de minutes. A contrario, l’Ethereum veut passer du proof of work au proof of stake (prevue des parties prenantes) qui repose sur le fait qu’une entité a intérêt à ce que la transaction se passe bien. Cela introduit une notion de confiance car il y a une sélection sur les intérêts. Ce passage n’a pas encore été fait, les tenants du bitcoin trouvent que c’est trèsrisqué, et que cela peut mettre à terre l’Ethereum.

L’ethereum permet le stockage des données techniques, elle donne une meilleure certification. C’est un réseau jeune, d’environ 8 mois avec des perspectives fortes car c’est le début. L’ethereum n’utilise pas de monnaie comme le bitcoin, mais de « l’éther ».

Avec le passage au proof of stake pour l’Ethereum et la baisse de la rémunération des mineurs pour le bitcoin, on peut se demander si l’usage de ces monnaies virtuelles subsistera ?

Rédigé et mis en forme par Hélène Souvandy